Un village sous la neige.
Une barge pour traverser le Neckar.
Un chemin enneigé.
Les abords sauvages du Neckar.
Une église à proximité.
Les collines de Heidelberg dans le brouillard.
Le château de Heidelberg vu depuis la place de la Mairie.

E S P
I E GL E R I E S : L E B L OG
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
J'ai un colocataire qui fait partie de Die Partei - Parti pour le travail, l'État de droit, la protection des animaux, l'élitisme et l'initiative démocratique
(wikipédia ici ou leur site ici). Le mot forme ce qu'on appelle une
acronymie récursive, c'est à dire que la première lettre de chaque mot est reprise pour former le premier mot (Partei für Arbeit, Rechtsstaat, Tierschutz, Elitenförderung &
basisdemokratische Initiative). En allemand on appelle ce parti un Spasspartei, un parti pour rire. A Mannheim la semaine dernière a eu lieu une distribution de tracts demandant des
informations pour retrouver Oussama Ben Laden et un nazi (d'ailleurs la ville ouvrière qu'est Mannheim est assez animée en ce qui concerne les mouvements sociaux)... c'est dire que le mauvais
goût n'est jamais loin.
C'est difficile à comprendre, mais en fait quand on en discute il faut prendre en compte certains arguments. Le vote blanc n'existe pas en Allemagne, soit vous votez pour quelqu'un soit vous ne
votez pas (ou vous votez nul), et certains électeurs ne se reconnaissant dans aucun parti cherchent d'autres solutions (bien que ce soit marginal vu les résultats de Die Partei). Mais quand
j'oppose l'idée que si on ne se reconnaît dans aucun parti rien n'interdit d'en créer un même si ce n'est qu'au niveau local, certains vont plus loin en disant que c'est le système qui est
dénoncé en plus général, et notamment le fait que tous les hommes et femmes politiques ne pensent qu'à s'enrichir (idée assez répandue ici).
Je m'oppose pour la part à ce raisonnement qui peut mener dans certaines formes au "tous pourris" et aux pires évolutions. D'ailleurs ne pas voter pour un parti "sérieux" c'est en fait laisser
aux autres le choix de qui va gouverner, et j'ai envie de dire que mieux vaut voter en n'étant pas sûr de soi ou en accord avec l'ensemble du programme que ne pas voter du tout, car c'est cela
finalement l'idée de démocratie (sinon on va vers des raisonnements "il faut limiter le droit de vote aux gens intelligents" qui peuvent juger avec discernement pour qui il faut voter).
Je sens parfois une dépolitisation (à part certaine formes extrèmes d'engagement) en Allemagne, une envie de se battre pour sa place (de préférence au soleil) dans la société mais plus
pour la société dans son ensemble. Je ne dis pas que c'est mieux en France. Cela rejoint quelques déceptions, ainsi je croyais en voyant le taux de recyclage des déchets que cela était du à
l'esprit responsable des allemands, en fait si vous ne recyclez pas en Allemagne les éboueurs la première fois vous mettent un petit autocollant d'avertissement, puis ne prennent tout simplement
plus vos poubelles si vous persistez !
Les allemands sont satisfaits de Angela Merkel, la "chancelière de l'Est" malgré son image de parti de riches et le fait qu'elle ne semble s'occuper que de politique étrangère. Tant mieux, il n'y
a que dans ce pays qu'une telle coalition est possible !
Je voulais aussi vous parler de die Blaue Post, la deuxième Poste à Mannheim. On reçoit deux fois du courrier par jour et le nouveau concurrent propose des solutions pour les entreprise à un
tarif quelques centimes inférieurs. Quelques sociétés ont investi ainsi localement les zones rentables. La libéralisation du petit courrier au premier janvier 2008 est donc déjà une réalité,
suivant une tendance mondiale (libéralisation du courrier au Japon prévue en 2011).
J'en profite pour vous recommander une émission de l'Esprit public sur France Culture sur l'ascenceur social, très intellectuelle
mais rigoureuse. Cela me permet de critiquer très vivement la suppression des droits de succession par Nicolas Sarkozy, qui va précisément dans le sens inverse du libéralisme, comme le montre les
protestations de riches américains (Warren Buffet par exemple). Il contribue à fossiliser les couches sociales, et toutes les mesures d'égalité des chances n'ont aucun poids si la richesse ne
s'acquiert plus par le travail mais par l'héritage...
Il a fait -10 degrés ici, mais la météo du Monde.fr est assez surprenante (cherchez l'erreur) :
Les étudiants anglo-saxons en général sont beaucoup plus actifs, posent des questions et même remettent en question. Les français (moi en premier) sont
particulièrement soumis, nous recevons l'enseignement et l'étudions studieusement... Quant aux allemands ils sont très orientés examens et très pragmatiques.
Au fait, quand vous êtes étudiants vous avez plus facilement un visa du fait des invitations ou des acceptations des universités, et vous risquez aussi de rencontrer des gens de nationalités
inhabituelles. Je pense par opposition au Népal où la plupart des népalais nous ont raconté que même invités par des amis l'ambassade française ne distribue des visas qu'au compte goutte !
Ce matin fut une matinée de démarches administratives pour se désinscrire de l'université et de la mairie, je me suis fait renvoyé entre les différents services qui sont assez éloigné et avec des
horaires tous différents les uns des autres, comptez sur votre bonne étoile pour en avoir terminé répidement.
Le marché de Noël est autour du Wasserturm, le vieux monument de la ville qui est très bien mis en valeur et fait même l'objet de sons et lumières pour les 400
ans de la ville...
Et la rue "Die Planken" pleine de monde qui se presse pour faire ses achats de Noël !
Commençons par la langue. Au bout d'un moment on prend de l'assurance et on utilise des mots plus osés. Attention à ne pas choquer quand même, puisque souvent on
ne connait pas l'exact degré de gravité des expressions... J'avais un prof d'anglais l'année dernière qui avait pour pédagogie de critiquer la pauvreté du vocabulaire utilisé et de
préconiser le par coeur pour faire une présentation à l'oral, en fait je crois qu'il faut faire strictement l'inverse, il faut susciter la curiosité, l'envie d'apprendre des mots spontanément
mais ne surtout pas se faire plus "savant" dans la langue qu'on ne l'est, sinon vous faîtes un discours artificiel et vous avez bien plus de chances de ne pas faire passer le message, ce qui est
le principal !
Le cours. Le système allemand de notation fait qu'on valide un cours avec 7/45... pour les cours en anglais, pas pour ceux en allemand. A l'examen vous êtes juste suspect de cacher
des antisèches dans votre dictionnaire (un surveillant a passé 5 minutes à le feuilleter, il est vrai que c'est facile de tricher). La vraie difficulté des examens de gestion en Allemagne c'est
le temps qu'on vous alloue (entre 3/4h et 1h), il faut savoir ce à quoi vous répondez sans hésiter et sur le bout des doigts. En outre le taux de sélectivité de l'université de Mannheim est
de l'ordre de 1 à 10 (plus de 3000 demandes d'affectation), et la sélection de fait par les notes de lycée - à rélativiser par rapport aux Ecoles françaises comme me l'a dit un camarade
car là la sélection se fait parmi les étudiants de prépas sont déjà parmi les meilleurs. Mais une fois admis à la première faculté de gestion d'Allemagne qu'est Mannheim certaines matières
affichent un taux d'échec aux examens de 15-25% ! C'est une des explications aux études très (très) longues des Allemands (même si vous ne pouvez pas passer plus de 3 fois un
examen). Si on oublie de s'inscrire par Internet aux examens on doit payer 10 Euros de pénalité, on ne rigole pas avec ça.
Enfin généralement ce séjour Erasmus m'a permis d'affiner beaucoup ma connaissance et ma vision de l'Allemagne et des allemands !
Pour finir : deux perles. Ma buddy (qui lit ce blog parfois, coucou) a un hamster qui s'appelle Edouard. Et je trouve ça tellement hilarant. Edouaaaard, un petit su-sucre ? C'est un nom tout
à fait courant pour les hamsters allemands paraît-il. Deuxième perle j'ai vu hier une publicité pour la région: "Baden Württemberg, Wir können alles, Außer Hochdeutsch." Les revendications
régionales sont bien là !
Quelques photos :
Ma rue et mon immeuble...
... non loin d'une église. Angela Merkel a dit un jour qu'elle était d'accord pour qu'il y ait des mosquées mais quelles ne devaient pas être plus hautes que les clochers (concession à la CSU ?),
et ici effectivement la mosquée se fait discrète.
La Paradeplatz, centre piétonnier et commercial.
L'entrée de la faculté d'économie dans l'aile Est du château.
Ou plutôt Francfort sur le Main, surnommée Main-hattan à cause de ses gratte-ciels, ici dans le brouillard.
Première visite : la Deutsche Börse AG, temps de la finance allemande. La galerie étant en réfection il faut se contenter d'une conférence. Mais de toute façon il n'y a plus que des ordinateurs
et quelques bonhommes à voir : contrairement aux bourses comme Wall-Street où les ordres se passent toujours en personne, ici tout est automatisé et les ordres se passent de manière
électronique. On nous montre tout de même le logiciel qui gère les offres et les demandes en direct.
Quelques costards plus tard nous voici devant les sculptures sur la place juste à côté. Pourquoi un taureau et un ours ? Tout simplement parce que l'ours écrase les cours en faisant des
mouvements de pattes vers le bas alors que le taureau utilise ses cornes vers le haut, les deux tendances boursières !
Suit une petite balade dans la ville, l'occasion de prendre une photo où l'on retrouve le marché de Noël, les maisons à colombage de la place du marché et les gratte-ciels en arrière plan !
Deuxième visite : la BCE. Une fois passé les contrôles de sécurité stricts pour rentrer dans l'antre, nous sommes reçus avec une collation par un membre du service de presse qui est en fait
polonais, car comme pour toutes les institutions européennes tout européen peut poser sa candidature même si le pays ne participe pas (encore) au programme. On nous explique la règle non
écrite comme quoi on veut "moins mais pas loin de 2%" d'inflation (la déflation n'étant pas contrôlable alors que l'inflation si), le mécanisme des taux directeurs (différente de la
politique américaine en ce que les taux ne sont pas donnés tous les jours mais toutes les semaines), les décisions quant aux pièces et billets... Mais assez vite je m'aperçois que notre
conférencier nous répond tout le temps "la BCE ne fait qu'appliquer ce que les Etats ont décidé dans leur Traité". Il n'empêche que la BCE a bien une politique - celle des 2% -
qui n'est pas dans le traité ! A ce propos Angela Merkel a cette semaine amorcé un tournant en affirmant pour la première fois quil fallait réagir face à l'appréciation de l'Euro. L'Europe
aimerait dépolitiser certaines choses notamment parce que sinon il faudrait que tous les Etats se mettent d'accord pour changer les taux directeurs, mais il s'avère que la monnaie reste une arme
géopolitique ! Et à Francfort réside donc un vrai pouvoir.
Je suis allé cette semaine voir le Parlement européen à Strasbourg, qui n'est pas si loin de Mannheim, avec une visite guidée parfois troublée par les préparations du
discours de Sarkozy prévu la semaine prochaine dans l'hémicycle. Un petit débat était ensuite organisé avec un responsable du Parlement notamment sur l'élargissement puisque notre groupe de
Mannheim lui-même regroupait 13 nationalités dont beaucoup de "nouveaux européens".
De Karlsruhe, on connaît surtout l'image des juges de la Cour constitutionnelle qui s'asseoient pour rendre un jugement... Mais comme toute ville qui se respecte
Karlsruhe a son château et ses musées d'art... La ville n'est pas extraordinaire mais les musées valent le détour !
Un beau week-end à Berlin avec Visum Mannheim, l'association hyper-active qui s'occupe des étudiants étrangers. Posons le cadre : beaucoup de français, mais aussi des polonais, des américains,
des australiens, un suédois, une serbe, des bulgares, des italiennes, et j'en oublie - et ça j'adore, parler toutes les langues en même temps pourvu qu'on se fasse comprendre...
La ville est toujours pas mal en travaux mais on sent un certain charme. Vous aurez reconnu la porte de Brandenbourg au-dessus. Ci-dessous le Reichstag dans la brume (je n'ai pas vu le soleil à
Berlin), symbole de la démocratie allemande..
A nouveau le Reichstag mais vu depuis la grande place qui lui fait place dans la direction de la Chancellerie.
La célèbre coupole du Reichstag, où l'on peut se promener...
... le principe est que chaque citoyen puisse voir dans les miroirs les débats et donc se sentir membre de cette démocratie.
La station de métro de la célèbre avenue qui mène à la porte de Brandeboug : Unter den Linden ! A savoir que "die Linde" c'est le tilleul !
Le mémorial de la Shoah où l'on ressent la même perte totale de repère que les victimes de la Shoah, perdant de vue ses amis ou sa famille puis les retrouvant...
On peut marcher sur les stèles mais des gardiens sifflent les enfants qui risquent de tomber...
Le mémorial russe. Rien à dire.
Et le château Sans-Souci à Potsdam construit par Frédéric le Grand au 18ème siècle avec un parc immense et plusieurs châteaux différents (le vieux, le
nouveau...).
On a visité les incontournables (Checkpoint Charlie qui est en train d'être rénové...) mais aussi des endroits moins connus comme la prison secrète de la Stasi, fenêtre sur l'Etat totalitaire et
d'espionnage généralisé de RDA. Il y a quelques années à peine un Etat a pu se maintenir en maintenant une terreur généralisée grâce notamment à un travail psychologique avancé sur les détenus,
détenus qui étaient ensuite achetés par la RFA pour une somme totale atteignant des milliards de marks.
Pour finir une photo illustrant les règlementations allemandes à l'entrée d'un parc : pas le droit de cueillir les fleurs, on peut circuler à vélo mais pas partout et les piétons ont la priorité,
et le parc décline toute responsabilité en cas d'accident dû à la neige ou au verglas. Avec ça vous pouvez maintenant profiter du parc.